Le secteur bancaire est en pleine ébullition : de nouvelles lois qui changent les rapports de force établis, l’évolution technologique qui pousse à la disruption, les attentes des clients qui ne cessent d’évoluer. Quelles sont les récentes innovations ? Et quels sont leurs apports pour les banques et les clients ? Voici cinq innovations listées par l’équipe Particeep qui ont marqué l’environnement bancaire en 2018.

Instant Payment (Paiement Instantané) 

Le paiement instantané est opérationnel depuis fin 2017, il répond à plusieurs besoins : effectuer un virement bancaire dans l’espace de quelques secondes n’importe où et à n’importe quel moment. La mise en place d’une telle mesure par l’Union Européenne vise à favoriser la flexibilité et la rapidité des paiements, dans un secteur des transactions bancaires en plein boom avec le e-commerce. Jusqu’alors de telles transactions étaient effectuées une fois par jour, il fallait donc compter au moins 24h pour virer de l’argent sur un autre compte.

Les caractéristiques d’un paiement par virement instantané :

  • Paiement irrévocable
  • Possible de le faire à tout moment (24/7/365)
  • Montant maximum 15 000€
  • Authentification forte

Quels sont les avantages concrets du Paiement Instantané ?

  • Améliorer l’expérience client de manière indéniable ;
  • Disrupter les moyens traditionnels de paiement : en ajoutant cette technique d’échange d’argent beaucoup plus rapide, l’Europe permet de diversifier les moyens de paiements ;
  • Développer de nouvelles pratiques P2P : le paiement instantané encourage la création d’applications de paiement peer to peer. Il est donc maintenant possible de payer instantanément un remboursement pour un ami, ou bien mener un achat entre particuliers. De nombreux acteurs de la GAFA se sont emparés de cette innovation. On connaît tous Google Pay ou Facebook Messenger.
  • Offrir des avantages aux entreprises : on sait que la liquidité est un facteur de gestion des comptes primordiale pour les entreprises. Le fait de rendre les paiements instantanés et irrévocables permet de résoudre de nombreux problèmes de trésorerie et d’améliorer la liquidité de certaines entreprises. La disponibilité de ce type de transaction (24/7/365) limite également les problèmes liés aux délais de paiement.

Blockchain

La blockchain est une infrastructure permettant l’échange, la transmission et le stockage de données de manière sécurisée et transparente. Elle fonctionne sans organe central, ainsi chaque partie prenante de la transaction a accès aux informations cryptées ce qui la rend inchangeable car ces données (blockchain) sont stockées de manière similaire chez chaque acteur impliqué.

Les banques se sont emparées de cette nouvelle avancée technologique et semblent la tester sous ses différentes formes afin de ne pas se laisser distancer. Bien que les résultats soient encore à l’état d’expérimentation la blockchain est expérimentée dans de grandes banques notamment en France. On notera les exemples suivant d’expériences qui ont lieu grâce à la blockchain :

  • Automatisation des processus en gestion d’actifs: la startup SETL a mis en place une plateforme Iznes qui gère les souscriptions et rachats de parts de fonds, et utilise la technologie de la blockchain afin d’automatiser le processus et donc de réduire les délais de traitement qui sont courants dans ce milieu. Dans ce cadre, la blockchain permet aussi d’avoir une meilleure appréhension du partenaire de la transaction en ayant plus d’informations le concernant, c’est donc aussi un gain de transparence indéniable ;
  • Expérience sur certaines transactions : d’importants acteurs bancaires comme le Groupe BPCE testent l’utilisation de la blockchain à travers l’exécution de smartcontracts (déplacement de trésorerie notamment) ;
  • Expérimentation dans les titres financiers non côtés : BNP Paribas et SmartAngels ont développé un protocole blockchain pour permettre à des entreprises non cotées d’entretenir le registre de leurs actionnaires. Le registre pourra donc être utilisé par l’ensemble des parties prenantes : avocats, plateformes de crowdfunding, investisseurs, émetteurs… tout en assurant la sécurité et la confidentialité des données.

Intelligence Artificielle (IA)

L’intelligence artificielle représente la capacité des ordinateurs d’apprendre des données, de les analyser afin de prédire et de reprendre des comportements « humain ». De part sa définition très large, les domaines d’applications sont multiples et cela concerne également le secteur bancaire. On peut noter deux apports principaux de l’intelligence artificielle pour le milieu bancaire :

  • Révolution du parcours utilisateur : Grâce à l’analyse poussée de nos données bancaires, l’intelligence artificielle remplace, dans certains cas, le conseiller bancaire. En effet, grâce à l’algorithme, il est possible de connaitre nos besoins et donc de nous conseiller dans la gestion de nos comptes. De nombreuses fintechs se sont emparées de cette technologie et ont développé des solutions telles que Grisbee qui propose un coach financier en ligne, aussi appelé « robo-advisors ». Ces machines permettent à la fois de conseiller un client par exemple sur le placement de son épargne, mais apportent également une vision sans biais dans son expertise.

Dans ce contexte, on note également l’émergence de « chatbots ». Il s’agit d’une messagerie qui permet de dialoguer avec un robot conseiller afin d’apporter de l’efficacité.

  • Simplification du back office : on assiste encore une fois à l’arrivée des robots mais cette fois dans la gestion interne des banques sans que cela affecte directement les clients. Afin d’augmenter l’efficacité, des robots sont chargés de trier les données pertinentes que l’on peut retrouver dans de nombreux échanges d’informations (les mails par exemple). Cela permet d’un coté d’économiser du temps de travail, de réduire les coûts, mais aussi d’assurer un service rapide au client.

Néobanques

Les néobanques sont des banques 100% mobiles, dont les produits et les offres ne sont accessibles que par une application mobile. Ces banques semblent adaptées aux nouvelles habitudes de consommation : recherche de flexibilité et de simplicité dans le service. On différencie les néobanques des banques traditionnelles ou des banques en ligne par la simplicité des services proposés : pas de crédits, pas de gestion de patrimoine… Elles se sont d’abord implantées en Allemagne avec N26 qui s’exporte maintenant en France. D’autres géants semblent tentés par l’aventure notamment Orange qui a lancé Orange Bank 100% mobile le 2 novembre 2017.

Quels sont les avantages concrets des néobanques ?

  • Flexibilité et simplicité : l’ouverture d’un compte se fait en quelques minutes et ne nécessite aucune condition de revenu, choix du code PIN, paiement sans contact, catégorisation instantanée des dépenses, limitation des fraudes à travers la géolocalisation, etc.
  • Frais minimes : l’argument de vente principal de ces banques est leur service très économe. En effet, les clients ne font face à très peu de frais ; aucune commission de change, inscription gratuite, généralement peu d’usages minimum requis, etc.

Open Banking

La directive européenne (DSP2) mise en place en décembre 2015 par la Commission Européenne permet de réguler les activités de services de paiements mais aussi de stimuler l’innovation dans le secteur en amenant les banques à ouvrir leurs systèmes d’information à des partenaires / concurrents. En effet, de par son aspect disruptif et innovant, DSP2 permet de stimuler de nouveaux services bancaires améliorant l’expérience client.

DSP2 vise à :

  • Sécuriser les transactions de données personnelles des utilisateurs
  • Stimuler l’innovation en renforçant la concurrence entre les différents acteurs du secteur bancaire
  • Baisser les prix des transactions
  • Renforcer les droits des utilisateurs en les protégeant

La directive met en place des règles concrètes :

  • Partage de données : les banques se doivent de partager de manière sécurisé les données de leurs clients aux services de paiement tiers afin qu’ils puissent proposer leur services.
  • Sécuriser les transactions : le partage des informations nécessite une grande sécurité, c’est pourquoi, tout en laissant l’accès aux données aux services tiers, la directive met en place le Strong Customer Authentification (SCA) qui correspond au renforcement de l’authentification et de l’accord du client.
  • Délimiter les actions des services tiers de paiement
  • Interdiction de surtaxer les transactions en fonction du moyen de paiement

La directive DSP2 permet donc de stimuler l’innovation notamment en installant de manière durable les nouveaux acteurs que sont les fintechs, aussi appelées « Third Parties Providers » (TPP).